Mémoire traumatique

Publié le par Virginie Ollivier

Mémoire traumatique

Qui sait que 81% des victimes de violences sexuelles ont subi les premières violences avant l'âge de 18 ans? Qui sait qu'une femme sur 5 et un homme sur 14 ont subi des agressions sexuelles dans leur vie? Que plus de 250 000 viols sont commis chaque année en France, essentiellement par des proches et dans tous les milieux sociaux? Qui sait que l'impact des violences sexuelles sur la santé des victimes est majeur à court, moyen et long termes?

Mémoire traumatique

Les conséquences des violences sur les personnes sont largement méconnues, sous-estimées et très peu identifiées. Cette méconnaissance concerne plusieurs plans :

-le ressentiment des violences sur les victimes.

-l'incidence des violences comme générateur de vulnérabilité, de précarité et d'exclusion

-la tendance des violences à produire un véritable cycle de la violence.

De plus, les violences qui ont les conséquences les plus graves sont celles qui sont le moins identifiées et le moins dépistées.

Ce sont les violences commises par des proches comme les violences familiales (maltraitance, violences sexuelles incestueuses, violences conjugales), les violences institutionnelles, les violences au travail. Les violences s’exercent principalement sur des personnes en situation d’inégalité défavorable, de discrimination et/ou de vulnérabilité.

Pour les victimes, la compréhension des mécanismes neuro-biologiques et psychologiques des conséquences des violences est essentielle pour qu'elles puissent comprendre l’origine de leur souffrance et de leur symptômes, pour qu'elles puissent être soulagées, déculpabilisées et pour qu'elles puissent retrouver dignité et espoir.

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LES TROUBLES PSYCHIQUES SPÉCIFIQUES LIÉS AUX TRAUMATISMES

Ils sont liés à des mécanismes de sauvegarde exceptionnels, psychologiques et neurobiologiques, déclenchés lors du stress extrême et du risque vital que génère le traumatisme, ces mécanismes sont responsables d' une déconnexion du circuit de réponse au stress entraînant une mémoire traumatique, une dissociation avec anesthésie affective et physique.

Ces troubles psychotraumatiques :

- vont être à l'origine des conséquences les plus graves, les plus fréquentes des violences sexuelles.

-vont être à l'origine d'un état de souffrance permanent.

-vont transformer la vie des victimes en «un enfer», «un état de guerre permanente», «sans espoir de s'en sortir».

Ce sont des conséquences normales de situations anormales

1) Les troubles psychiques spécifiques se répartissent en :

-état de stress aigu, détresse, jusqu’à 1 mois après le traumatismes.

-état de stress post-traumatique (>1 mois), chronique (>6 mois)

•syndrome de reviviscence

•syndrome d'évitement, évitement phobique de toutes situations se rapportant au traumatisme ou pouvant rappeler l'événement...

• syndrome d'hyperactivité neuro- végétative. Hypervigilance, état d'alerte...

- syndrome de dissociation: état de conscience altérée, trouble de la memoire...

-état de stress post-traumatique complexe :

Il est défini par plusieurs critères

•une altération de la régulation des émotions avec une impulsivité marquée et des comportements auto-destructeurs.

•des perturbations de l’attention ou de la conscience, pouvant entraîner des épisodes dissociatifs.

une altération de la perception de soi, avec des sentiments permanents de honte ou de culpabilité, et un sentiment de vide.

•une altération de la perception de l’agresseur, qui peut être par exemple idéalisé.

•des relations interpersonnelles perturbées, avec une incapacité à faire confiance ou à avoir une relation intime avec autrui.

•des symptômes de somatisation.

des altérations cognitives avec une perte d’espoir.

2) Les troubles psychiques associés, souvent sur le devant de la scène

Ce sont des :

-troubles de l'humeur

-troubles anxieux

-troubles de la personnalité

-troubles du comportement

-troubles addictifs

-troubles des conduites (fugues, marginalisation, hypersexualité...)

-troubles du comportement alimentaire

-troubles du sommeil

-troubles de la sexualité

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LES AUTRES CONSÉQUENCES

1) Les conséquences sur la santé physique

Elles comportent des plaintes somatiques fréquentes, chroniques, résistantes à toute prise en charge

Si les troubles psychotraumatiques ne sont pas identifiés et pris en charge - le plus fréquemment ils entraîneront : une fatigue chronique et des douleurs chroniques intenses (hypervigilance et tensions + contractures musculaires) : céphalées, douleurs musculo-squelettiques, ++ dorso-lombalgies, douleurs neurogènes, prise de poids importante ou amaigrissement.

2) Des conséquences graves sur la vie personnelle (affective et amoureuse), sociale, scolaire et professionnelle

Si les troubles psychotraumatiques évoluent de façon chronique sans prise en charge adaptée et spécialisée, elles comportent des risques

-fugue, placement,

-vie amoureuse et sexuelle difficile,

-des grossesses précoces.

-des risques d’échec scolaire

-des risques de se retrouver sans travail

-des risques de se retrouver en retrait social

-des risques de marginalisation

-des risques de délinquance, de violences.

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PRONOSTIC ET CONCLUSION

1) Le pronostic est d'autant plus favorable

-que la prise en charge est précoce et spécialisée.

-que la victime peut compter sur un soutien (membre de sa famille, amis, professionnels du social).

-que l'accompagnement est de qualité, à la fois médical, scolaire, social, judiciaire et familial.

-que la continuité des soins est assurée avec une prise en charge psychothérapique.

2) Les facteurs de gravité sont

-la gravité du traumatisme et des séquelles et l'existence de violences physiques.

-l'intensité des réactions péri-traumatique et des symptômes de dissociation.

3) Au total les troubles psychotraumatiques sont graves et peuvent se chroniciser en transformant la vie des victimes traumatisées en un enfer s’ils ne sont pas identifiés au plus tôt et pris en charge de façon spécifique.

Il est donc essentiel que les victimes traumatisées soient prise en charge d’autant plus que le traitement est efficace.

Comme toute personnes vous avez un DROIT UNIVERSEL à la VIE, et au respect de VOTRE INTÉGRITÉ PSYCHIQUE ET PHYSIQUE, et de VOTRE DIGNITÉ. Comme toute personne vous naissez et demeurez libre et égale en droit, personne ne peut déclarer avoir plus de droits sur vous et de ce fait vous imposer par la force ou la pression ses volontés, et vous instrumentaliser en vous privant de votre libre arbitre.

Vos besoins fondamentaux (tout ce qui concerne la survie, l'intégrité et la dignité) et vos émotions ne peuvent être niés, votre consentement doit être respecté.

Ne restez pas seul (e), se faire aider et surtout en parler, à des proches fiables, à votre médecins, à des professionnels de santé, du secteur social, de la justice...

→Pour des orientations, des conseils juridiques, un soutien, un hébergement, etc. des associations spécialisées existent. Pour connaître celles qui sont près de chez vous, n’hésitez pas à appeler les numéros utiles suivants :

VIOLENCES CONJUGALES : 39 19

www.solidaritefemmes.asso.fr

www.stop-violences-femmes.gouv.fr.

ENFANCE MALTRAITÉE : 119

VIOLS FEMMES INFORMATIONS : 0 800 05 95 95

Collectif Féministe Contre le Viol, http://www.cfcv.asso.fr.

AVFT : 01 45 84 24 24,

Association contre les Violences faites aux Femmes au Travail, http://www.avft.org

08 VICTIMES - INAVEM Institut National d’Aide aux Victimes et de Médiation : 08 842 846 37

CIDFF Centre d'Information sur les Droits des Femmes et Familles : 01.44.52.19.20 (75) www.infofemmes.com

MFPF - Mouvement Français du Planning Familial 01 42 60 93 20

(Paris).

N'oublions pas les victimes de l'homophobie, du racisme...

Rapprochez vous également de:

-http://www.sos-homophobie.org/

-http://sos-racisme.org/

Source pour en savoir plus:

http://www.memoiretraumatique.org/

Publié dans Thérapie individuelle

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