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Virginie Ollivier

Auteur, Naturopathe et Sexothérapeute. Thérapie de la relation 06.85.39.70.83

La rupture amoureuse: vers plus de "je".

Un samedi soir sur la terre - Mes Zond'Art https://www.facebook.com/MesZondArts/photos/a.530130163706513/1372534762799378/?type=3&theater

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Un mot de travers, une phrase blessante, la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà bien plein, des arriérés de non-dits sur lesquels on ne veut pas revenir, un gouffre qui se creuse et, l’inéluctable fin.

Qui quitte qui ? Qui souffre le plus ? Comment se quitte-t-on ? Et, se quitte-t-on vraiment ?

Quels sont les mécanismes du désamour ?

De ceux qui y laissent des plumes à ceux qui retrouvent rapidement un nouveau nid, de celui qui butine et anticipe sa solitude à celle qui préserve sa liberté. Qui tend à retrouver une identité ?

Les couples auraient-ils inévitablement un début et une fin dans la représentation actuelle de l’amour ?

Il y a encore quelques décennies on se couplait « pour la vie ». Aujourd’hui et selon une étude du Conseil Economique, Social et Environnemental parue en 2017, un couple sur trois se sépare en France. Aime-t-on plus souvent et moins longtemps, si tenté que nous puissions appeler la relation de couple de l’amour. En juillet 2019 l’institue national d’études démographiques (Ined) dévoilait qu’après  séparation « Les hommes ont une plus grande facilité que les femmes à reformer une union ». Plusieurs recherches récentes s’accordent sur un fait important ; de nos jours l’initiative de la rupture amoureuse est, dans la majorité des cas, prise par les femmes. A l’échelle de l’histoire de l’humanité, voici donc un virage sans précédent. Nous sommes en effet passé en quelques décennies seulement du mariage de raison au mariage d’amour et avec lui son lot de désamour.

Là  où nous pensions jadis l’homme « sans cœur », ces derniers siècles de notre histoire nous ont montré des hommes traversés par des émotions autant sincères et intenses que celle des femmes en matière d’amour.

La rupture amoureuse fait mal. Elle bouleverse, chamboule, met à terre et remet en question.

En 2015, une étude anglo-américaine concluait que le degré de souffrance des hommes après une rupture amoureuse était bien plus élevé que celui des femmes. Encore marqué par l’héritage d’un temps pas si lointain, l’homme vit la rupture comme un déshonneur. Il lui faut beaucoup plus de temps pour accepter de rompre une union déjà sur le déclin depuis longtemps. Les femmes plus exposées au rythme discontinu de la vie et de la mort (menstruation, grossesse et naissance, départ des enfants…) seraient, elles, plus à même de comprendre que les cycles permettent de renouer avec le vivant. En d’autres termes, elles souffrent démesurément mais acceptent de mourir et savent de façon innée qu’après la mort vient la vie.

Avant le désamour, il y avait l’amour. Alors que c’est-il passé ?

Dans la majorité des cas, la rupture survient alors que le nœud problématique aurait pu être dénoué avec de la communication, de l’écoute, de la patience et surtout l’évitement des projections.

Sur quelles bases était posée la relation, et de quelles manières il nous semble que le contrat n’a pas été ou n’est plus honoré ?

Tous les couples traversent dans leur histoire des phases critiques dans lesquelles ils se demandent si cette crise annonce la fin de leur idylle. Bien que dans la plupart des cas ces crises permettent la consolidation de l’union, par plus de discussion et de vérités, il est également fréquent d’observer que nos fiertés peuvent se cristalliser. Les guerres d’ego s’en mêlent et plutôt que de considérer l’autre comme un partenaire nous nous mettons à en faire un adversaire. Nous cherchons désespérément à l’extérieur la cause de notre malaise intérieur.

C’est forcément l’autre qui a commencé. C’est parce qu’elle ne veut plus faire l’amour qu’il va voir ailleurs. C’est parce qu’il n’est pas à l’écoute que le désir diminue. Et même si, il et elle, s’entrecroisent aujourd’hui dans leurs réactions face aux événements, si de plus en plus d’hommes manifestent leur besoin de communication et que de plus en plus de femmes manifestent, elles, leur besoin de contacts physiques et sensuels, il reste à affiner notre capacité à communiquer.

Qui de l’œuf ou de la poule, finalement n’a que très peu d’importance.

Il semble au contraire que dans la plupart des cas ce n’est pas tant l’acte ou quelques mots parfois fort anodins qui définissent la rupture mais notre réaction émotionnelle face à l’évènement. Ce n’est pas le fait qui a déclenché la  mésentente qu’il faut analyser mais les bouleversements émotionnels que ce fait a générés.

Comment ont été ressenties les choses ? Qu’est-ce qui a été touché en nous ? Comment vous êtes vous senti ? Qu’est-ce que cela a réveillé ? Comment votre corps a-t-il réagi ?

Chacun de nous est responsable de sa réaction face aux événements.

Etre responsable ne signifie pas accepter tout et n’importe quoi de l’autre. Etre responsable signifie s’accepter soi dans son ressenti dans ses émotions et essayer de se connaitre mieux grâce aux expériences qui viennent nous heurter, nous déstabiliser, et nous faire grandir.

Il est possible qu’un événement permette au couple de se remettre en question, de redéfinir les pourtours de leur relation, de repartir vers une union modifiée, confortée et évoluée. Il arrive également que l'évènement permette aux protagonistes de prendre conscience de ce qu’ils acceptent ou de ce qu’ils refusent malgré tout ce qui a déjà été construit. Qu’il leur permette de prendre positon d’eux à eux et non plus pour l’autre ou pour sauver une relation qui est de toute évidence vouée à l’échec puisque posée sur des sacrifices, des peurs et non sur des choix de développement personnel.

Alors qui quitte qui dans le cas de la rupture ?

Il n’est pas question de se quitter mais de se choisir. La question devrait se poser en ces termes. Qui choisissons-nous ? L’autre ou nous ? Le confort d’une relation face à la solitude, la sécurité financière ou émotionnelle au détriment de l’être ?

Toutes expériences nous permet de mieux nous connaitre, d’évoluer vers toujours plus de « je ». Qui suis-je et qu’est-ce que je choisis pour moi ?

Qui souffre le plus alors ?

Une rupture peut être comparée à une petite mort. Les étapes du deuil amoureux s’apparentent aux étapes d’un deuil.

Etapes du deuil amoureux

Etapes du deuil amoureux

Les deux protagonistes souffrent. Et avec eux l’ensemble de leur entourage proche.

Le deuil amoureux prend parfois de nombreux mois avant d’être accepté en amont de la rupture. La période de déni peut s’étaler, les protagonistes réfractaires au changement essaieront par tous les moyens de trouver des solutions afin de rendre pérenne cette union. Il est d’ailleurs possible que cela porte ces fruits. Tant que les amoureux arrivent à communiquer c’est encore le cas. Mais lorsque la communication se tait, lorsque la parole rebondie sur un mur de silence, d’indifférence, la rupture est inéluctable. Plus personne ne s’écoute, il devient impossible d’entendre qui est l’autre en dehors de nous.

Alors le couple se sépare.

Cette séparation peut prendre différentes formes :

  • La guerre ; car il est souvent plus simple de quitter un être désamouré qu’une personne que l’on sait encore aimer profondément. En vouloir à l’autre, l’accuser de la situation, remettre en question des années d’entente, de cheminement main dans la main ou encore le rabaisser, l’humilier permet de moins souffrir, du moins en apparence. La douleur reste intérieure.
  • L’entente cordiale où les protagonistes se séparent bon gré mal gré refoulant peu ou prou leurs émotions pour accepter un éloignement consensuel. Accepter la situation, sans jamais l’aborder. Rester bons amis. Préserver les enfants, la famille, ne pas faire de vagues. Parfois il y a des cadavres que nous ne sommes pas prêts à déterrer.
  • La séparation la plus complexe est sans doute la séparation dans l’amour. Accepter l’autre pour qui il est, le reconnaître dans une complétude qui ne nous inclue pas ou plus précisément dans laquelle nous n’avons plus envie de nous inclure. Laisser l’autre et nous-mêmes libres d’être. Sans doute est-ce là la plus belle proximité avec un amour plus vrai, un amour qui ne demande pas à l’autre de nous sauver, de changer pour nous. Un amour qui laisse libre chacun des protagonistes, un amour plus près de ce qu'est l’Amour.

La rupture nous permet alors d’être plus juste dans l’acceptation de l’autre et de nous.

A quelle distance devons-nous nous tenir pour ne pas avoir à nous travestir ?

La distance n’est pas tant physique ou émotionnelle car en effet les émotions ou la présence physique et sensuelle peuvent être très fortes et très présentes dans un partage juste et vrai. Dans un couple qui souhaite évoluer, un couple où les protagonistes se servent de leur union pour mieux se connaître, nous parlerons de la distance a garder face à toutes projections que nous pourrions avoir et faire à l’encontre de l’autre. Cesser de voir le problème à l’extérieur. Faire un retour sur soi, sur son ressenti. Savoir que tout se joue à l’intérieur.

Ainsi les ruptures passées nous aurons appris à ne plus projeter sur l’autre la réussite de notre bonheur. Car en effet si le but d’une relation est le bonheur, alors cette relation est inexorablement vouée à l’échec. Une union posée sur le bonheur ne souffrira aucun faux pas, aucune souffrance, aucune erreur. La recherche du bonheur dans le couple ou dans la vie fait de nous des êtres perpétuellement insatisfaits et de très bons comédiens. Or le jeu (je) consiste à lever le masque. L’erreur, les doutes, les faux pas nous enseignent. Il est bon de prendre le risque d’aimer, de prendre le risque de faire des erreurs, pour apprendre. Nous, l’autre, ces différences qui nous enrichissent.

Nous servir de ces ruptures vécues, de cette capacité que nous avons d’aimer l’autre et nous-mêmes en dehors d’un nous protecteur. Améliorer, embellir et magnifier nos nouvelles relations, voilà sans doute la clef de cette expérience qu’est la rupture.

Donner à nos relations naissantes un souffle plus grand de dialogue, de vérité, plus de « je » et moins de « nous » ou tout du moins un « nous » qui soit posé sur le respect du « je » quoi qu’il arrive.

La rupture n’est qu’une expérience de plus dans notre existence pour aller vers plus de « je », pour toujours moins de projections et toujours plus de retour vers Soi.

A bien y réfléchir, la rupture peut être considéré comme une expérience positive et initiante, parfois douloureuse certes mais profondément enrichissante.

Virginie Ollivier - Sexothérapeute

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