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Virginie Ollivier

AUTEUR et Occasionnellement : Thérapie de la relation à soi et aux autres, Massothérapie - MANOSQUE Contact:06-85-39-70-83

Passion et confusion

Passion et confusion, letoucherducoeur.fr, Montpellier Arles

Passion et confusion, letoucherducoeur.fr, Montpellier Arles

La relation amoureuse est une drogue, elle devient une addiction quand on la perçoit comme passionnelle, elle devient alors obsessionnelle.

Comme certaines drogues, une fois sous son (la relation amoureuse) emprise nous la cherchons partout. Lorsque l'on a trouvé un bon produit, nous sommes alors persuadés que nous n’en sommes pas dépendant, et nous trouvons mille excuses pour pouvoir en consommer d’avantage.

La relation amoureuse permet parfois des prises de conscience, cependant elle peut aussi créer la dépendance, elle devient un échappatoire à la réalité, elle est l’exutoire dans lequel on se réfugie quand l’angoisse apparaît. Elle crée dans un premier temps de l’apaisement. Je dis dans un premier temps car les effets secondaires ne sont pas toujours aussi sympathiques. Il y a les mauvais trips, le manque, la dépendance, le reniement de soi, l’attachement, l’idée obsessionnelle, …

Nous avons l’impression que cette drogue, ce produit, cette personne nous permet de nous sentir vivant, ils deviennent alors la seule possibilité à un mieux-être. Mais dans les faits ils permettent juste d’amoindrir ou d’exacerber une émotion refoulée.

Alcool, drogue, tabac, nourriture, art, travail, religion, relation, sport ne sont que prétexte à ressentir des émotions. Sans eux nous plongeons dans le vide intersidéral de notre être silencieux.

Aux questions, qui, que, sommes nous? nous ne savons plus répondre. Cette vie devient impalpable et nous sommes incapable de ressentir sans projections et sans prétextes.

Dépossédé de tout que reste t-il?

Nous demandons à nos enfants, à nos conjoints, à nos amis de nous posséder et d’être nos possessions. Ils nous permettent de nous référer, de nous identifier, de nous montrer, de créer l’individu que nous voulons montrer au monde dans le but d’être aimer et reconnu. Cependant ils nous permettent également de trouver des prétextes à l’inaction. La passion vient ici en opposition à l’action.

Qui sommes nous alors sans cette représentation de nous même? Sans nos enfants, nos conjoints, nos amis, notre travail…?

Par quoi et à quoi se définir? Que ferions nous si nous étions vraiment seul? Peut-être que dans ce désespoir nous chercherions a recréer une situation d’attachement analogue, peut-être que nous sombrerions dans une dépression qui nous permettrait sans doute d’observer nos projections, peut-être que nous pourrions utiliser cette ascétisme pour chercher à tendre vers plus de justesse et de compréhension.

On demande sans cesse à l’autre de nous réchauffer, de nous remplir; nos verre, notre tabac, nos compagnons, nos amis. Ils ne sont que prétextes à notre évolution, comme nous sommes prétextes à la leur, ils sont les objets de notre développement personnel et nous sommes les leurs.

La cure de désintoxication, peut parfois s’apparenter à un exorcisme. Elle est douloureuse souvent, elle nous permet d’observer la projection que nous avons faite sur ce substitut d’un bonheur tapit au plus profond de nous. Tant que la drogue est là, ou que l’autre est considéré comme tel, nous ne pouvons trouver ce bonheur en nous-même.

Je pourrais vous proposer de feindre cet état de désintoxication, mais ce dont je parle ici n’est pas de devenir fumeur abstinent. Il s’agit de renoncer consciemment à sa drogue. J'entends par là qu'elle ne soit plus indispensable.

Regardez pourquoi, l’on boit, pourquoi l’on fume, pourquoi l’on aime. Renoncer à l'obligation est un processus douloureux mais il met en lumière les motivations et les projections qui vous poussent à rendre l’autre tellement indispensable. Dans ce renoncement apparaît la peur, la douleur, mais également les prises de consciences, un retour à soi, une observation de ses névroses, de ses angoisses, de ses envies, de l’envie de mourir puis de vivre, un nouveau sens, peut être plus juste, en tout cas épuré d’une partie envahissante.

L’acceptation profonde et réelle de la solitude comme meilleure amie, vous fera évoluer, c’est elle qui vous permettra de vous aimer en dehors de l’autre et d’enfin pouvoir retourner dans le monde, détaché de la recherche d’attachement. La relation à l'autre devient ainsi un plaisir consenti et plus une dépendance envahissante.

C’est un processus qui peut-être parfois douloureux. Si vous souhaitez vraiment mettre de la lumière sur ces situations d’emprises émotionnelles, vous trouverez sans doute le ou la thérapeute qui peut vous accompagner.

« La passion est une obsession positive, l’obsession est une passion négative » Paul Carvel

Virginie Ollivier

0685397083

 

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