Le handicap, cette force.

Publié le par Virginie Ollivier

Le handicap, cette force. Crédit photo Renée Bergeron The superhero project

Le handicap, cette force. Crédit photo Renée Bergeron The superhero project

La différence est une beauté qu'il faut apprendre à voir.

Comment nous regardent-ils? Qui est l'handicapé? Dans ce sublime miroir que voyons nous?

Je ne vois de vous que de la lumière, une force que je n'aurais peut-être jamais, car je sais qu'il faut beaucoup d'abnégation et d'humilité pour puiser en elle.

Pour vous, mes amis, mes contacts, pour toi bonhomme dont le regard suffit a éclairé la vie, pour vous parents et accompagnants, je viens ici déposer un texte de Michel Odoul:

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"La question des infirmités est trop grave pour être "résolue" en quelques lignes, mais il est, je crois, important de chercher à leur donner un sens. Même si cela n'enlève rien aux difficultés, aux souffrances et aux problèmes qu'elles posent, cela peut au moins nous aider à ne plus les vivre, que nous soyons ou non infirmes nous-mêmes, comme une fatalité ou une injustice du destin mais plutôt comme un défi, peut-être excessif, fou, douloureux ou injuste, car c'en est un.

L'infirmité s'inscrit dans l'axe des choix d'incarnation. Parmi les "contraintes" structurelles que nous nous choisissons pour réaliser notre Chemin de Vie, notre Légende Personnelle, certaines sont parfois dures ou désagréables. Nous pouvons naître dans un pays, une famille, une culture ou une époque qui soient "faciles ou difficiles", selon les besoins d'expérimentation que nous avons. La naissance dans un corps infirme ou la fabrication accidentelle de cette infirmité font partie de cette dynamique de choix d'incarnation.

Mais je tiens à revenir à nouveau et avec fermeté sur le sens à donner à tout cela. La vie n'est pas punitive et je suis scandalisé par ces écrits, ou ces idées, qui disent que nous sommes venus payer des fautes. Les infirmités ne sont pas des punitions mais des handicaps et le sens des mots est primordial car dans un cas (punition), ils signifient que nous ne sommes pas "bon" et dans l'autre, que nous sommes "fort". Car à qui donne-t-on un handicap dans les courses? A ceux qui sont manifestement plus fort! La vie n'est ni vicieuse ni perverse, elle donne à chacun selon ses capacités et si elle nous confie des tâches ardues, c'est parce qu'elle sait que nous sommes capables de les surmonter. Elle sait nous proposer des épreuves pour nous amener à les dépasser mais en sachant toujours les doser en fonction de nos capacités...

...Ce sont toujours des épreuves de vie "choisies" par des êtres puissants, fort, dont la recherche est celle d'un usage "obligé" de cette force vers la paix, l'acceptation et l'amour de la vie, de sa vie, même dans ses composantes qui nous semblent les plus "moches". Ceci nous permet peut-être de mieux comprendre le malaise qu'il y a souvent dans le regard des "bien-portants" vers ceux qui sont infimes, surtout de ces "bien-portants" qui passent leur quotidien à se plaindre de leur propre vie.

Parmi les leçons que la vie m'a adressées, il y en a une qui est gravée à tout jamais en moi. Je marchais un jour dans la rue, à une époque où je rencontrais des difficultés bénignes mais que j'avais laissées m'envahir. Je ressassais, tout en marchant, mes idées noires lorsque mon regard rencontra celui d'une petite fille qui venait dans ma direction et qui m'adressa un sourire rayonnant lorsque nos regards se croisèrent. Je fus traversé de part en part par une émotions fulgurante car cette petite fille de 8 ou 9 ans environ était noire (comme mes idées) et handicapée des jambes (et mes problèmes étaient d'ordre relationnel). Elle marchait avec des béquilles en s'appuyant sur deux jambes articulées et l'image qu'elle renvoyait, alors qu'elle avait toutes les raisons de douter de la beauté de la vie, était rayonnante de vie, de joie de vivre et de lumière. Quelle gifle, quelle leçon lorsque dans un éclair je venais de comprendre, de décoder le Langage de la Vie et son message. Mais qui étais-je donc pour oser me lamenter de la vie, de ma propre vie? C'est une leçon que les infirment nous donnent en permanence...

Les infirmités sont donc des choix d'incarnations à surmonter pour ceux qui ont fait ces choix, mais elles sont aussi des opportunités de grandir pour nous tous qui sommes "bien-portants". Elles sont destinées à nous apprendre l'amour, la tolérance, l'acceptation et l'humilité...

Michel Odoul "Dis-moi où tu as mal, je te dirais pourquoi". Albin Michel

A toi L.

Virginie Ollivier

Publié dans Thérapie individuelle

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