AIMER SON ENFANT-INTERIEUR

Publié le par Virginie Ollivier

AIMER SON ENFANT-INTERIEUR

« C'est un enfant qui prend le jour pour en faire sa cabane de feuillage. Il arrive à l'horizon de la mémoire sans aucun bruit sans aucune page. Il n'a rien à nous dire. Il est la Présence même. Il éclate de tous les rires de la terre. C'est un enfant pareil à la mer et pourtant c'est un enfant soleil. Il fait chanter toutes les colombes. Il adoucit les serpents du rouge vif. Il boit la rage et donne le rêve. Un jour nous le rencontrerons. Entre deux portes coquille de l'instant. Il arrêtera notre visage. Il prolongera notre regard dans la surprise du torrent. Nous prendrons le temps du partage. C'est un enfant qui arrondit l'espoir pour le faire rouler et bleuir le monde. Il est la femme et il est l'homme entrelacés. Hélice de toute vie. Avec lui nous devenons plus humains. Avec lui fulgurante l'existence est royauté. »

René Barbier

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Qu'est ce que l'enfant-intérieur?

L'enfant intérieur est un concept de psychologie analytique créé par Carl Gustave Jung pour désigner la part enfantine ou infantile de l'adulte.

Dans les années 1940, C.G Jung avait remarqué que, dans les mythologies, bien des sauveurs sont des enfants-dieux. Rien de plus normal, explique-t-il, puisque, par nature, l’enfant est porteur de transformation. Une qualité qui fait bien souvent défaut chez l’adulte. A partir de cette simple observation, il forge l’un des concepts clés de la psychologie analytique, "l’individuation" – un processus qui nous pousse à devenir des individus aussi complets que possible grâce aux capacités, entre autres, de transformation de l’enfant qui vit en nous.

L'individuation est pour Jung caractéristique de la seconde moitié de la vie. Quand l'homme a établi sa place dans le monde, il est susceptible d'éprouver une nouvelle exigence : celle d'être vraiment lui-même dans son entièreté psychique en lien avec son inconscient. C'est l'archétype du Soi qui suscite et dynamise ce processus.

« L'individuation n'a d'autre but que de libérer le Moi, d'une part des fausses apparences de la persona, et d'autre part de la force suggestive des images inconscientes. »

Il arriverait donc qu'à un moment de sa vie, dans ce que Jung nomme « la seconde partie de sa vie » ou que les psychanalystes nomment « l'âge de la maturité », certains êtres humains cherchent à s'assumer davantage, à grandir en conscience en développant leurs chemins d'individuation en direction du Soi.

C'est ce qui pousse parfois ces personnes dans les sociétés occidentales à consulter les psychanalystes ou les psychothérapeutes : rompre avec une vieille douleur, plus s'assumer, guérir des blocages, aller mieux, etc.

Ce travail permet de retrouver le chemin de nous-mêmes par notre propre médiation.

C’est dans les années 1960 que les prémices de l’Enfant intérieur voient le jour dans le monde de la psy. D’abord sous sa forme la plus "simple" : la partie de notre personnalité qui garde la sensibilité d’un enfant, et qui nous amène parfois à nous comporter de façon puérile. Cette idée a ensuite été développée et popularisée par le psychologue américain Eric Berne, qui en a fait la base de l’analyse transactionnelle.

Depuis les années 1960, de nombreux psychothérapeutes, ont développé cette approche de l'Enfant Intérieur et ont imposé cette notion dans la pratique psychothérapeutique.

La démocratisation de cette notion est due en particulier à une volonté de venir en aide aux co-dépendants, car elle suggère une prise ou reprise de sa propre prise en charge.

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N'oublions pas qu'avant d'être des adultes, nous avons été des enfants. Ces mêmes enfants qui sont pour nous aujourd'hui l'avenir de l'humanité. La santé psychique de l'adulte dépend étroitement de la santé psychique de l'enfant que nous avons été.

Porteurs de vie, spontanés, intolérants à l'injustice, on dit aussi que les enfants sont authentiques. Il en va de même pour notre enfant intérieur. Il détient nos émotions, nos vérités les plus profondes, c'est le gardien de notre Moi véritable. Le reconnaître et le libérer, c’est reconnaître et libérer notre essence profonde, notre potentiel créatif, notre spontanéité et, finalement, notre propre nature héroïque.

Certains psychothérapeutes indiquent que nous pouvons découvrir l'existence de l'enfant intérieur qui est en nous et ainsi nous prendre en charge, et que c'est cette découverte qui a valeur de psychothérapie, si elle est accompagnée.

Selon Suzanna Mc Mahon, l'enfant intérieur peut être découvert

« (…) au fait que nous réagissons de façon démesurée à certains évènements. Chaque fois que notre réaction est disproportionnée, on peut être sûr qu'il est en train de faire son numéro. Cela se produit à chaque fois que nos besoins guident aveuglément notre conduite, l'enfant exige qu'on s'occupe de lui. Il hurle son besoin d'attention. (…) Tout le monde abrite un enfant intérieur car nous avons, tous autant que nous sommes, perçu jadis le monde à travers les yeux d'un enfant. Et nous avons tous quelques souvenirs de ces perceptions. Cet enfant se souvient de son impuissance, de son incapacité à maîtriser le cours des choses. Il garde en mémoire d'innombrables injustices. À tout cela, il n'a de solutions qu'à court terme; il sait crier, pleurer et exiger de l'attention ou au contraire devenir passif, se recroqueviller, réclamant que l'on vienne à son secours. Si les secours n'arrivent pas, c'est le désespoir. Un enfant intérieur en bonne santé a la certitude que l'on répondra tôt ou tard à ses besoins et il est capable de patienter avant d'obtenir satisfaction, mais nombre d'entre nous hélas n'ont pas un enfant en bonne santé. »

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Cette idée de mise en questionnement et d'âge de la maturité présente chez Jung revêt un caractère intéressant du point de vue des démarches psychothérapeutiques, puisqu'elle indiquerait une capacité de se libérer (par exemple d'une addiction, d'une habitude, d'un être maltraitant ou d'un passé de maltraité) mais aussi un désir de s'autoriser à être plus soi même.

Selon Margaret Paul,

« Les thérapies basées sur l'enfant intérieur ont pour objectif de faire de nous des adultes-enfants capables d'aimer, et donc d'écarter les peurs et fausses volontés qui nous empoisonnent le quotidien et s'opposent à notre épanouissement. […] Il s'agit d'un processus de transformation qui retrace notre parcours depuis l'enfance, source d'équilibre, d'amour, d'intuition, de passion et de légèreté […] jusqu'au stade adulte, caractérisé par la prédominance de notre cerveau gauche, qui est orienté vers l'action, le rationnel, et le monde extérieur »

C'est finalement une manière ludique et adulte de se prendre en main. "Comme un enfant qui s'amuse à construire avec sérieux et avec énergie une cabane dans le jardin" par exemple.

Travailler au lien avec son enfant intérieur est alors utilisé, aussi dans une démarche psychothérapeutique.

Il est utilisé par exemple :

Chez les personnes souffrant de difficultés d'attachement (angoisse à s'attacher, attachement incontrôlable, relations faisant souffrir). L'attachement primitif mère-enfant serait le prototype des affinités, et plus généralement, des relations privilégiées de l'adulte par la suite. Il s'agit alors de réparer « le lien » et d'apaiser le patient dans son rapport au monde. Une fois le lien « douloureux » retravaillé, le patient ou la patiente peut alors quitter les relations pathogènes pour lui-même telles que : la boisson, la sexualité compulsive, le (la) conjoint(e) maltraitant(e), la suractivité professionnelle ou ménagère, la surintellectualisation ou la guerre idéologique pour la guerre idéologique.

Freud disait que tout ce qui n'est pas mis en conscience, est condamné à se répéter. Alors tel un disque rayé, les mélodies de notre enfance ne cessent de résonner dans nos fors intérieurs. Elles continuent de se répéter jusqu'à ce que nous acceptions de leur prêter une oreille. Les écouter pour que nous reconnaissions les manques et les souffrances tapies derrière leurs plaintes. Car c'est tout ce que demande notre enfant intérieur. Un adulte à l'écoute, lui accordant la reconnaissance de ses blessures, la reconnaissance de son être véritable. Et c'est ainsi qu'il nous faut aborder notre monde intérieur, en bon parent, celui que nous aurions souhaité avoir et qui nous a si cruellement fait défaut. Personne ne peut l'être à notre place.

Nous avons tous besoin, à des degrés différents, de reprendre contact avec notre enfant intérieur.

"Sitôt qu’un individu a apprivoisé et nourri spirituellement son Enfant intérieur blessé, explique John Bradshaw, l’énergie créatrice de son merveilleux Enfant naturel commence à émerger. Une fois intégré, l’Enfant intérieur devient la source d’une régénération salutaire et d’une vitalité nouvelle. Quant à l’Enfant naturel, il correspond à cette partie de nous-même qui recèle, en puissance, nos dons innés pour la découverte, l’émerveillement et la création. »

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Alors comment ça marche?

Nietzsche disait : « Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer ».

Réveiller son enfant intérieur à l’âge adulte, c’est réactiver la Magie de la vie, profiter des petits bonheurs, remettre en route son imagination et sa fabrique à rêves.

Il s’agit d’établir un dialogue avec l’enfant qui est en nous, et non de « jouer à l’enfant »

Selon C.G. Jung, dans Dialectique du moi et de l'inconscient :

« … il faut se cultiver dans l'art de se parler à soi-même, au sein de l'affect, et d'utiliser celui-ci, en tant que cadre de dialogue, comme si l'affect était précisément un interlocuteur qu'il faut laisser se manifester, en faisant abstraction de tout esprit critique. Mais, ceci une fois accompli, l'émotion ayant en quelque sorte jeté son venin, il faut alors consciencieusement soupeser ses dires comme s'il s'agissait d'affirmations énoncées par un être qui nous est proche et cher. Il ne faut d'ailleurs pas s'arrêter en cours de route, les thèses et antithèses devant être confrontées les unes avec les autres jusqu'à ce que la discussion ait engendré la lumière et acheminé le sujet vers une solution satisfaisante. Pour ce qui est de cette dernière, seul le sentiment subjectif pourra en décider. Naturellement, en pareil débat, biaiser avec soi-même et chercher des faux-fuyants ne nous serviraient de rien. Cette technique de l'éducation de l'anima présuppose une honnêteté et une loyauté pointilleuses à l'adresse de soi-même, et un refus de s'abandonner de façon prématurée à des hypothèses concernant les desiderata ou les expressions à attendre de "l'autre côté".

Pour prendre contact avec votre Enfant intérieur, posez vos deux mains sur votre plexus solaire, fermez les yeux, et adressez-vous à lui comme à une véritable personne. Comme il s’exprime avant tout à travers nos sensations physiques, vous pouvez essayer de retrouver les attitudes, les gestes, les postures typiques d’un enfant.

Un moyen de gagner sa confiance consiste à lui demander pardon de l’avoir négligé depuis tant d’années. Vous pouvez lui parler ou lui écrire une lettre. Expliquez-lui pourquoi vous n’avez plus donné de nouvelles, racontez-lui votre vie depuis que vous avez commencé à grandir, vos bonheurs, vos malheurs, sans mentir ni travestir la réalité.

Il s’agit d’une véritable conversation. Posez-lui des questions simples à voix haute : « Comment vas-tu ? », « Acceptes-tu de parler avec moi ? »… Laissez venir les réponses, comme si vous jouiez une pièce de théâtre. S’il vous arrive de prendre une autre voix, plus enfantine, c’est normal. Au début, ce genre d’exercice peut dérouter, mettre mal à l’aise : c’est la preuve que vous avez du mal à accepter votre Enfant intérieur.

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Dans le cadre d'accompagnement thérapeutique, je vous aiderai, si vous le souhaitez, à renouer avec votre enfant intérieur, à l'aimer, le chérir, afin de libérer créativité, bonheur et joie de vivre.

Bien à vous.

 

Virginie Ollivier

0685397083

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